Anny SchneiderAuteure et Herboriste

C'était le temps des fleurs, on ignorait la peur...

Nous étions sûrs alors, que la passion, qui embrasait nos cœurs,
Nos corps et nos esprits échauffés, allait toucher le monde entier;
L'imagination avait tous les pouvoirs, nous allions gagner !
Chaque jour, nous avons repris le droit de chanter, de fêter et de partager,
En toute liberté, vivre nos rêves de vivre pour de vrai, plus facile en communauté.
Nous allions ébranler tous les ordres désuets, trop établis en conventions, 
Et enfin reprendre le pouvoir sur nos corps, remplir l'espace et le temps
De nos aspirations et nous libérer des carcans, des devoirs et des illusions...

Les premiers, nous avons questionné la légitimité des chefs, des curés, des militaires et des patrons,
De l'Europe à L'Amérique du Nord, on se posait les mêmes questions,
Et on trouvait les mêmes réponses : faisons l'amour, plus la guerre!
La liberté n'a pas de prix ! À trop vouloir posséder, on y perd ,
Dignité, temps et énergie, et surtout notre intégrité d'être humain en évolution.

Se soumettre c'est souffrir, partager c'est multiplier;
Nous, les pionniers du nouvel âge annoncé,
Avions choisi sans hésiter, volontairement la simplicité
De retourner à Mère nature, notre berceau,
De prendre le temps de se rouler dans l'herbe, tout nus,
De produire de nos mains, avec la terre à nouveau respectée, notre nourriture,
De redécouvrir le nom de chaque fleur et oiseau de passage,
Et surtout d'aimer, aimer sans entraves,
Chacun qui voulait vraiment nous rencontrer,
Sans oublier tout ce qui est vivant et toujours bienveillant,
Comme les animaux, les plantes, les aînés et les enfants.

Cette vérité est absolue, prêchée par toutes les églises :

Il n'y a rien de plus précieux et d'important que l'Amour, 
Antidote de toutes les peurs, mais encore et toujours :
Les barrières, les classes et les pouvoirs des plus gros egos, 
Sont les premières causes de batailles, de barbarie et de complots.
Mais, à continuer ainsi sous pression répétée, les digues vont sauter, 
Car la terre comme le ciel s'indignent de nos iniquités.
Microcosmes réunis, nous sommes tous et chacun, responsables de ce monde,
Puisque la terre n'est qu'un seul pays, nous sommes tous dans la ronde!

Ce vieux refrain de la génération fleurie dont je suis,
Est toujours d'actualité, et, en évitant les déviations qui l'ont anéantie,
Comme les drogues, les modes marchandisées, l'impasse communautaire et la sexualité débridée...
Toutefois, l'essentiel du message est à encore à considérer, car, assurément,
L'amour et la paix valent mieux que toutes les guerres et ses tourments,
Les champs fleuris resteront à jamais plus enchanteurs que les déserts et les porcheries,
La solidarité des villageois est toujours plus vivifiante que celle des isolés des condos clôturés,
Et les bonnes chansons, les histoires vraies, les livres, la danse et la poésie,
Seront toujours plus précieuses à l'âme que toutes les richesses accumulées...

Oui, parfaitement ! Je veux encore y croire :

C'est par l'amour et l'ouverture qu'on va renouer, sans renier nos individualités,
Avec le sens du bien commun retrouvé, pour une humanité digne de ce nom,
Et des lendemains plus fleuris, plus ensoleillés, plus joyeux,
Pour nous-mêmes, nos amis et nos enfants bien-aimés,
Pour plus d'amour, avec plus d'humour, de chaleur humaine et de paix, 
Partant de ce presque pays, tellement riche de créateurs et de coeurs éveillées,
À l'image de l'iris bleu franc du solstice, si délicat et stylisé,
Et l'humble marguerite, si lumineuse, forte et généreuse,
À tous et chacun de les installer, de les ramener et de les faire rayonner,
Dans chacune de nos vies et nos foyers, en esprit et en vérité!

Anny Schneider, Shefford

Auteure, herboriste et utopiste assumée, philosophe à ses heures.

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