Anny SchneiderAuteure et Herboriste

Panique dans les bois

Certains, -des imbéciles ou bien des romantiques-
Ne trouvent que dans les bois, la paix de l'âme.
Sous les brises fraîches et dans les paysages bucoliques,
Certains y éprouvent même des élans mystiques et se pâment.

Ils y sont heureux, comme c'est bizarre,
Moi qui aime tant le monde et la civilisation,
Seule dans la forêt, je ne ressens que confusion,
J'ai hâte d'en sortir et me languis de la ville et son agitation.

Tous ces grands troncs agités de mouvements lancinants,
Ces bruits insolites et furtifs, le soir les amplifiant,
Dans ce décor monotone me mettent au deséspoir
Et me remplissent d'un effroi inexplicable et profond.

Pire encore au printemps : le rougeoiement du couchant
Qui se fond dans le gris-bleuté des brumes et les nuées qui lèvent lentement,
Dans des teintes de feu et de sang, et ce silence si pesant,
Augmente mon trouble et me chasse avant longtemps.

Quand le vent se lève, tiède et lourd, c'est pire,
Que l'orage menace et que les hiboux s'activent,
Surgissant de l'épaisseur du couvert des cimes,
Mon cœur se serre et j'ai hâte de repartir.

La nuit survient abruptement, un coyote hurle à la lune vide,
À cet instant, je me souviens d'histoires sordides
De légions d'esprits vengeurs résidant dans les bois,
Ils sont là, juste à côté, postés dans les fourrés. Vite, je rentre chez moi!

Anny satirique, inspirée par Verlaine, Shefford Automne 2005

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