Anny SchneiderAuteure et Herboriste

Utopie d'herboriste atypique

Ça fait bien vingt ans et même plus, que je m'efforce d'être ou de paraître « normale » ou « comme tout le monde », dans mon métier comme dans ma vie mais le fait est que je n'y arriverai jamais.

J'ai bien essayé d'être une élève zélée dans mes cours de phyto et d'herboristerie, malgré le brouillard omniprésent dans mon esprit toutefois allumé par les passions des plantes et des corps heureux, et même si j'ai retenu l'essentiel de la substance herbale, je ne me considère que comme une étudiante moyenne.

Plus tard, en magasin naturel, j'ai essayé d'appliquer ma pléthore de connaissances aux nombreux clients en détresse, mais vu l'abondance de leurs maux, leur ignorance fondamentale des vrais besoins de leur véhicule, leur réticence à changer vraiment leurs habitudes pathogènes et les interactions dangereuses avec leurs poisons habituels, là aussi je m'illusionnais de moins en moins sur mes pouvoirs limités de vecteur de changement.

Durant de longues années, j'ai enseigné les traitements naturels des maladies des systèmes digestif, nerveux et tégumentaire, mes propres points faibles en fait, avec plus ou moins d'adhésion et de sympathie de mes élèves, mais toujours rongée par le sentiment de ne pas être à ma place et épuisée par l'immense tâche et responsabilité que ça représente.

Parallèlement à l'élevage consciencieux, passionnant mais épuisant de mes deux enfants près d'un homme plus malade que moi dans son esprit, j'ai commencé à écrire et à réussir à publier un, deux et même trois livres (bientôt quatre)

Même si j'ai remporté un certain succès, surtout avec mon deuxième livre dans cette province d'adoption, j'ai failli mourir d'épuisement après la promotion du dernier.

Étant une fort piètre vendeuse, même de mes propres ouvrages et offerts même à moitié prix, dû à un blocage face à l'argent et la matière qui date de mon éducation puritaine, j'ai enfin lâché prise sur l'obsession de vivre décemment de ce métier, décidément très peu conventionnel et tout à réinventer, à l'image de cette époque si insolite et de ma personnalité atypique.

Je ne crois pas encore vraiment avoir trouvé ma voie unique, car je souffrirai toujours d'un doute sain sur ma finalité, qui garde grande ouverte les portes de la liberté envers tous les possibles. C'est clair que je tiens à devenir de plus en plus, moi-même, entière dans l'instant, légère et spontanée dans l'expression de ma profondeur e qui rejoindra aussi, tous ceux qui ont eux-mêmes déjà sondé et dégagé les canaux de leur propres fondements,des conditions essentielles à leur épanouissement.

Lord Byron a dit : « Pour profiter vraiment d'une joie, il faut la partager, car le bonheur est né « jumeaux ».

Plusieurs fois j'ai touché à cette confluence exaltante, joyeuse et touchante, en amour bien sûr mais aussi lors de simples causeries en public, où j'ai partagé avec beaucoup de gens, mes authentiques expériences de souffrance et de guérison. Si précieux moments vécus dans la joie ou dans les peines bien humaines, mais aussi dans l'humour et la folie douce qui me caractérise quand je suis vraiment bien où je suis, vous aussi, je suppose ?

Voilà, je me suis ouvert une nouvelle voie grâce à ma voix caverneuse qui relate les mémoires des femmes sages qui m'ont façonnée, des modestes ou nobles végétaux qui me soufflent leurs secrets, des cœurs meurtris qui se sont ouverts à moi et des corps écorchées qui m'ont interrogés : tout ceci je veux le raconter à ma façon, librement, joyeusement, avec intensité et avec respect pour mes semblables d'ici qui m'ont tant appris . Moi-même j'ai fini par saisir que je peux être, que je suis tout cela, comme le disait si bien Tchouang-Tseu : « Choisir, c'est exclure, enseigner, c'est porter préjudice, seul le Tao n'omet rien! ».

C'est sûr : j'aimerais maintenant devenir de plus en plus moi-même, entre autre : herboriste-conteuse auprès des anciens et des enfants surtout, mais aussi herboriste –écrivaine, herboriste-écologiste et herboriste-philosophe,en fait je suis déjà un peu de tout ceci,moi-même constituée d'un milliard de miracles (10 trillions de cellules ,comme nous tous,en fait!) et autant de possibilités d'être soi, youppie!

Plein de chemins me restent ouverts et une foule d'expériences fabuleuses jalonnent ma route, vous aussi chers bien vivants, car ,les voies de l'herboristerie, comme celles du ciel et de la terre, sont innombrables et plurielle , comme les plantes. Choisissez bien les vôtres, une à la fois et sentez-vous libres de changer, saison après année, Yé!

Anny Schneider, herboriste et auteure, chroniqueuse, écrivaine, enseignante, glaneuse, thérapeute, maman et super-nana, un peu de tout ça quoi, d'une seule pièce pas banale!

Bref, Anny passe-partout, amoureuse de la nature et des êtres humains qui le méritent!

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